Réflexion technoscientifique et (dé)construction de l’identité

Marie-Geneviève Pinsart



Dans l’Essai sur l’entendement humain, J. Locke définit la personne selon les critères de la mémoire ou de la continuité de conscience. Si l’importance de l’articulation de l’identité réflexive (la conscience de l’identité) et de la capacité de reconnaître l’identité physique a été largement soulignée, la nécessité de particulariser cette conscience en se reportant à la continuité des coordonnées spatio-temporelles du corps est aujourd’hui repensée dans le cadre du développement des technosciences biomédicales. A l’ère du cyborg où le corps se compose d’organes biologiques naturels et d’organes artificiels (mécaniques, cybernétiques), la notion d’identité est interrogée à nouveaux frais. Au cours de cet exposé, j’envisagerai cette notion en ses multiples déclinaisons (essentielle, numérique, individuelle, sociale…) et j’aborderai de manière critique les réflexions menées par Donna Haraway, Nina Lykke et Rosi Braidotti.