pierre billouet

Vendredi 16 mars 2018 – 20h30


le jeu comme symbole philosophique


  Non seulement les enfants jouent, mais aussi les chats, les pianistes, les acteurs et les amoureux, sans compter les athlètes à Olympie et les mots avec les mots ! Ils jouent c’est-à-dire qu’ils sont en mouvement dans un jeu – mais lequel ? Les acteurs de Marivaux ne jouent pas une sonate à Kreutzer et ils ne jouent pas non plus aux billes. Le jeu du joueur est un concept assimilant tellement large qu’il permet de symboliser le mouvement des choses, des animaux, des hommes et du langage…
  La notion de jeu est donc bien pratique parce qu’elle peut symboliser tout et n’importe quoi, ce dont cette conférence se gardera dans la mesure du possible... en commençant par rappeler que
le symbole est un objet coupé dont deux hôtes conservent chacun la moitié pour que leur rapprochement permette la reconnaissance réciproque. Ainsi compris le symbole n’est pas d’abord le signe d’une autre chose (la colombe/la paix) mais un fragment : la moitié dune même chose, matérielle (une pièce de monnaie) ou immatérielle (une phrase secrète). Dans le Banquet de Platon, Aristophane dit que chacun de nous est « symbole d’homme » (191 d), c’est-à-dire que chaque humain cherche amoureusement sa moitié, ce qui n’a rien à voir avec la quête de la Beauté en soi que théorise Socrate.
  Lorsque l’on parle en philosophie de “jeu du monde” ou de “jeu de langage”, suivant quel mode de symbolisation procède-t-on ? Le jeu est-il un signe (renvoyant à une thèse ou à un concept) ou un fragment (du discours philosophique) ? Et quel jeu ? En effet, le jeu du monde ne doit pas nous faire oublier le monde du jeu !