RÉFLEXION ET IMMANENCE DANS LES IDEEN I DE HUSSERL
Nicolas MONSEU
Dans sa définition la plus générale, la philosophie de Husserl, fidèle au traitement philosophique de « l’étonnement » devant le réel, voulait initier le sujet à se détourner de la fascination qu’il entretient naturellement avec les objets, dans le but, précisément, de revenir aux actes par lesquels la conscience les vise. En ce sens, la phénoménologie, dans sa lutte contre les formes du naturalisme (notamment les attitudes caractérisées par une absence de réflexion), s’est présentée explicitement comme une science réflexive tentant de remonter vers cette perception originelle de ce qui apparaît à la conscience. Or certains interprètes de Husserl (tels Hering, Levinas, Chestov ou encore Fondane) se sont interrogés sur le domaine propre de cette science réflexive, ainsi que sur la possibilité de la perception interne, ou de ce que Husserl nommait la « perception immanente ». Sur cet arrière-fond, notre communication voudrait envisager ce problème fondamental de la phénoménologie du point de vue de Husserl lui-même, en particulier dans le premier livre des Ideen.