MICHEL-ELIE MARTIN

Vendredi 6 avril 2018 – 20h30


le pouvoir des symboles dans les sciences de la nature



    Le langage des sciences de la nature rompt avec les « langages naturels », entendons les langues spontanément parlées dans divers groupes humains. Des symboles sont construits pour rendre compte des phénomènes naturels et de leurs rapports ; plus amplement et plus profondément : pour rendre compte de la réalité naturelle dans sa dimension objective.
    Les symboles construits par les scientifiques répondent donc à une visée de vérité.
    Mais, loin de se limiter à une fonction de désignation d’entités réelles et de leurs rapports, loin de réduire leur fonction à être une description de la réalité des phénomènes de la nature et de leurs rapports, les symboles des sciences de la nature ont une fonction démonstrative et explicative de ceux-ci.
    Ainsi, ils s’inscrivent dans des structures symboliques de type logico-mathématique au sein de « modèles » qui permettent de les reconstruire symboliquement et de les démontrer ; et, pour autant que l’on reconnaisse que les structures logico-mathématiques sont créatrices de nouveaux objets à partir desquelles peut se construire une nouvelle structure opératoire, on peut légitimement penser que les symboles scientifiques garderont cette puissance démonstrative et explicative de la nature. Puissance qui peut fonder, sur le plan de la vérification technique, la réalisation d’un fragment de réel modélisé ; voire, qui peut faire de l’homme le « thaumaturge de ses rêves » (Bachelard), en réalisant techniquement des possibles théoriques transcendant l’actualité de la nature dont nous avons l’expérience.