CULTURE ET PROBLÉMATIQUE DU DEVENIR HUMAIN
Jean YAO Sekou
Université de Boualé
L’a priorisme dans toute définition de la culture, c’est la démarcation du règne humain par rapport au règne animal. Relevant en effet de la spécificité humaine de l’être doué d’intelligence et servant de continuum dans la diversité psychologique, économique et sociologique de vécu humain, la culture est facteur et principe de développement par élévation, unification et universalisation pour la race humaine. Aussi est-elle la substance de ce qui témoigne de l’humanité des êtres et de tous les modes de leur existence.
Or le constat de l’histoire de l’humanité, telle qu’elle s’illustre par le schéma d’un Age d’or qui dégénère progressivement dans un Age de fer, c’est-à-dire la souffrance, laisse entrevoir un rapport conflictuel et inversement proportionnel entre la vocation éthique de la culture et le cours régressif du devenir humain.
Ainsi l’homme que la culture devait rendre de plus en plus humain a plutôt du mal à devenir de moins en moins animal. Il semble même avoir pris désespérément la dernière ligne droite pour s’éloigner à jamais d’un idéal culturel à l’échelle de son essence.
Mais la culture, dans ce cas, n’est-elle pas tout simplement qu’une ruse de la raison pour révéler en définitive l’homme dans l’histoire comme un être vil, autrement plus animal que l’animal ordinaire ? Sans doute. Mais sans doute aussi la réalité d’un progrès humain, problématique suscitant en nous des interrogations sur le sens et la valeur de la culture est-elle le signe que nous n’avons pas encore compris que c’est bien ainsi, c’est-à-dire dans un tel rapport de conflit entre l’histoire de l’humanité, d’une part, et la vocation humanisant de la culture, d’autre part, que doive se réaliser vraiment l’idée que l’homme, créature à l’image de Dieu, n’est pas l’homme édenique, mais un homme devant assumer la loi du devenir dans la dialectique du mérite et de la justification d’avoir été créé pour être à l’image de Dieu.
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