L'HOMME N'EST-IL QU'UNE ESPÈCE NATURELLE ?


JOËL GAUBERT

JEUDI 17 novembre 2011



Si l’homme n’est qu’une espèce naturelle, en ce qu’il est une créature de la nature jusque dans sa différence d’avec les autres êtres (animaux, végétaux et minéraux), n’est-il pas logiquement et donc nécessairement amené à vouloir « se rendre maître et possesseur » de lui-même comme de la nature ? Le devenir-monde moderne de la civilisation mécanique, qui s’accomplit aujourd’hui dans la « révolution biotechnologique », ne prétend-il pas « refaire l’homme » selon un constructivisme ultra-libéral essentiellement désireux de puissance ?

    La seule façon de contrer cette menace pressante ne serait-elle pas de considérer que l’homme est aussi, à l’évidence, un être culturel, dont l’identité et la dignité reposent sur le sens qui habite son esprit et qu’il exprime et communique à ses semblables ? Cela ne lui promet-il pas de s’épanouir selon une civilisation esthétique soucieuse de reconnaissance, comme y appellent les penseurs communautariens contemporains ? Mais l’irréductible « différence » revendiquée par les « identités culturelles » ne substitue-t-elle pas la perspective d’un « choc des civilisations » à celle de la « guerre des étoiles » ?

    Ce qui est en jeu ici, c’est de savoir si l’homme relève d’une naturalité et/ou d’une culturalité l’assignant au destin d’une post-humanité effrayante, ou bien d’une identité et d’une dignité singulières l’ouvrant à la destinée d’une vie éclairée et émancipée.





Un texte de Joël Gaubert :