RÉFLEXION PRIMAIRE ET RÉFLEXION SECONDE CHEZ GABRIEL MARCEL ET CHEZ PAUL RICŒUR


Jean-Claude BAYAKISSA




L’articulation entre réflexion primaire et réflexion seconde est un thème essentiel dans la constitution de la pensée proprement marcellienne. Fidélité, espérance, désespoir, trahison, être et avoir, refus et invocation, problème et mystère, sont des termes qui disent à la fois l’éthique et l’ontologie de Gabriel Marcel. Cependant, ces termes perdraient leur signification profonde si l’on ne reste pas attentif à « l’esprit d’exploration » et au « style d’itinérance » qui ont, selon P. Ricœur, présidé à leur élaboration. Car en vérité ces expressions sont des conquêtes faites sur un premier mouvement réflexif. Le propos de notre communication est de montrer comment P. Ricœur a su garder cet esprit d’exploration et ce style d’itinérance ; comment, en mobilisant des ressources qui lui sont propres, il a su négocier le passage du mouvement réflexif primaire au mouvement réflexif second. La philosophie de G. Marcel est une philosophie itinérante et une philosophie difficile. Difficile parce qu’elle procède par accumulation de rectifications sur deux plans : 1°) celui de l’expérience dont l’auteur est en train de faire l’investigation et 2°) celui du langage qui a la charge de porter à son expression cette expérience même. L’œuvre de P. Ricœur, notamment Temps et récit, témoigne selon nous de la même double difficulté.


« La construction du Moi chez Fichte », Documents de travail du Département de philosophie de l’Université de Poitiers, disponible sur le site : http://www.sha.univ-poitiers.fr/philosophie/

« Vie et mort dans Temps et récit de P. Ricœur », Congrès ASPLF, Août, 1992, Poitiers.


5°Section : Histoire de la philosophie Sous-section 5.4La réflexion dans la philosophie contemporaine aux XIXe et XXe siècles.

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Section 5, sous-section 4