la notion d’epibolè dans l’épicurisme antique :

la pensée comme action



Annie Hourcade




Le thème de cette communication est la notion de phantastikè epibolè tès dianoias chez les épicuriens1. Le problème que soulève la notion d’epibolè est formulé par Lucrèce : « Pourquoi l’esprit pense-t-il sur le champ à ce à quoi le désir de penser lui est venu. Les simulacres observent-ils notre volonté, et dès que nous le voulons, l’image accourt-elle vers nous […] ? »2. Il s’agira de préciser les mécanismes mis en œuvre lors de la « focalisation de la pensée sur une image », de cette opération de l’esprit qui peut prendre la forme d’une réflexion, d’un effort, d’une concentration voulue de l’esprit ; de mettre en évidence le lien qui relie l’epibolè à la mémoire et à l’imagination et plus généralement le rôle de l’epibolè dans le cadre de la connaissance.

La spécificité même de l’epibolè, qui peut, dans certains cas, être considérée comme un véritable acte mental supposant la mise en œuvre d’un choix, incite cependant à s’intéresser à la place qu’elle occupe au sein même de l’éthique épicurienne. L’epibolè constitue-t-elle un aspect déterminant de l’autodidactie, en ce qu’elle autorise les exercices intellectuels ayant pour but la transformation de la disposition de l’âme ? Cette capacité de l’esprit de se focaliser sur une image mentale, en tant qu’elle constitue l’amorce de l’action3, suppose-t-elle, à ce stade très précoce, l’existence du clinamen, ou ce dernier doit-il être considéré comme intervenant seulement plus tard, comme initiateur du mouvement ?

1. Cité par Diogène Laërce, X 31 ; partiellement dans Épicure, Lettre à Hérodote in Diogène Laërce X 38 ; 50, 51, et Maxime capitale XXIV in D.L. X 147, développé par Lucrèce, De la nature, IV 779 sq.

2. Lucrèce, De la nature, IV 779-783.

3. Lucrèce, De la nature, IV 877-906.



Section 5 : Histoire de la philosophie - Sous-section 5.1 : La réflexion, des philosophies antiques à la Renaissance


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