LA RÉFLEXION SUR L’EXISTENCE ET L’ ÊTRE CHEZ
HEIDEGGER ET GABRIEL MARCEL
TSUKADA Sumiyo
SAKURAGAOKA,KAGOSHIMA UNIVERSITY
Il nous paraît intéressant de comparer la réflexion de Heidegger et celle de G. Marcel portant sur l’existence et l’être, leur « mode de penser (ayant) une subtile relation » comme l’admet G. Marcel lui-même.
G. Marcel affirme une analogie profonde entre la démarche essentielle de son Journal métaphysique qui est à l’origine de toute sa pensée, et L’Être et le Temps de Heidegger. Les deux œuvres étant parues la même année il n’y a eu en effet aucune influence d’un auteur sur l ‘autre.
L’analogie résulte du fait de considérer l’Être comme généralement « oublié » ou « perdu de vue » dans l’existence humaine.
Après
avoir connu Heidegger, G. Marcel
reconnaît certaines
analogies entre la pensée de
celui-ci et la sienne : la réflexion
phénoménologique qui s’oppose aux expériences
quotidiennes, objectivantes et instrumentales lesquelles recouvrent
l’existence authentique ; la notion d’ « ex-sistence »
en tant qu’ « être
au monde » ;
l’angoisse de la temporalité
de « l’être pour la mort » ; le
sacré de l’Être, l’appel de l’Être
etc.
Cependant, nous trouvons des décalages de sens entre
les réflexions des deux philosophes. Pour G. Marcel, en
opposition avec Heidegger, les questions : « Qu’est-ce
qu’ être pour un étant ? »
ou « Comment
se fait -il qu’il y ait quelque chose et non pas rien ? »
sont des pseudo-questions.
À la différence de Heidegger, G. Marcel ne voit pas la mort comme la fin absolue de l’existence humaine. Il n’abandonne pas la phénoménologie comme celui-ci l’a fait après L’ Être et le Temps . Ni « l’Être-sens » ni « l’Être qui s’ouvre » de Heidegger ne sont l'Être, fondement de l’inter-subjectivité de G. Marcel.
Section: 1re. section .Sous-section 1.3 Titre: Réflexion, être et existence. Phénoménologie et philosophie de l’existence