L’ACTE RÉFLEXIF
D’APRÈS LOUIS LAVELLE
Jean-Raoul SANSEN
RÉSUMÉ
L’acte n’est
pas chez Lavelle un autre nom de l’action, mais l’efficacité
divine qui suscite en elle toutes les créatures. Cette
efficacité reste présente dans chaque conscience, et
l’on peut même la découvrir par le recueillement.
C’est une version très approfondie du cogito, allant
jusqu’au Deus intimior.
Lavelle dénomme
acte réflexif cette prise de conscience, qu’il a étudiée
notamment dans les traités De l’Acte (1937) et De
l’âme humaine (1951). Réfléchir, ce
n’est pas seulement prendre pour objet le spectacle du monde,
mais faire un retour vers la création elle-même et
l’assumer. Donc s’élever du donné au
donnant. Ainsi apparaît le moi, mais son intimité reste
ouverte sur l’universel.
En parlant d’un cercle
réflexif, Lavelle interprète le temps comme un cycle,
dont toute l’évolution reste dans la dépendance
de l’éternité. On ne s’étonne donc
pas qu’il exprime nettement son accord avec Platon. La
conscience réfléchie relie le visible à
l’invisible, qui est « le royaume de l’esprit ».
SECTION 5, sous-section
5.4
(la réflexion dans la philosophie contemporaine).