LA PLUS-QUE-VÉRITÉ
TRANSCENDANTALE:
De la fiction métaphysique à
la fonction transcendantale :
la dialectique et la dialogique
comme instruments d’une diathèse.
Jacques-Bernard ROUMANES
Université du Québec
à Montréal
RÉSUMÉ
Un esprit de diathèse
s’oppose en nous à l’esprit transcendantal, dès
que l’on prend conscience que ce n’est pas tant la
formalisation des énoncés scientifiques que le degré
de conscience de leur contenu conceptuel qui détermine avec le
plus de rigueur le degré de vérité des savoirs ;
d’un individu au sein d’une communauté de
recherche, ou d’une communauté de recherche dans
l’histoire de la connaissance.
Le problème que
pose l’esprit transcendantal (dialogique ou dialectique), en
synthétisant la multiplicité, est qu’il
hiérarchise la multitude et consacre l’unité ;
consacre le monarque. En effet, justifiant la prédominance de
l’unité (en l’hypostasiant formellement à
la place de l’absolu), il justifie la dominance d’un
seul, sur tout et tous. En théorie et en pratique.
Mais, ne consacrer à l’inverse que la différence,
que la multiplicité, revient exactement au Même ;
on l’a assez vu de tous temps et, plus encore, récemment,
dans l’histoire de la pensée. Des extrêmes droites
aux gauches extrêmes, politiques ou religieuses, on a le choix
du pire. En théorie et en pratique. Impasse dans les
deux cas... C’est pourquoi l’esprit de diathèse,
en consacrant l’irréductibilité historique de
la multiplicité et l’irréductibilité
symbolique de l’unité comme fonctionnelle et non
plus comme transcendantale -- renvoie dos à dos l’exclusivisme
dialectique et le transcendantalisme dialogique. L’esprit de
diathèse peut alors entreprendre le partage du pouvoir et des
savoirs; leur répartition matérielle entre tous; en un
mot : la démocratie. Mieux qu’une simple alternative,
c’est, déjà, le rude programme des siècles
à venir.
Section I Sous-section
1.2 Titre Réflexion et critique de la métaphysique