L’IRREMPLACABILITÉ DE L’HOMME.
ESSAI DE FONDEMENT ÉTHICO-MÉTAPHYSIQUE DE LA DIGNITÉ HUMAINE CHEZ PETER KEMP
NDENGE NGUNDE SASA Jules Philippe baby
La lecture de l’ouvrage de Peter Kemp intitulé « L’irremplaçable. Une éthique de la technologie », suscite en moi cette double question : En quoi et par quoi, une éthique de la technoscience, peut-elle enrichir l’essence, l’image de l’homme ? Quel est le sens métaphysique d’une éthique qui refuse de réduire l’essence de l’homme à « l’homo mechanicus » ? Vouloir répondre à cette question c’est, à mon sens, tenter d’élucider, à nouveaux frais, le problème de l’homme. L’élucider sous l’un de ses angles les plus décisifs : la dignité humaine. Ma tentative de compréhension de « l’irremplaçable » s’est par ailleurs heurtée à plusieurs écueils. Ici, le terme « écueils » ne signifie pas seulement « obstacles ». Ce mot nous renvoie plutôt à un approfondissement de la pensée de l’auteur. Premièrement, Kemp essaie d’analyser, de manière synthétique, la notion de dignité humaine, à l’intérieur d’un concept éthique, qui fait l’ossature de son ouvrage : l’irremplaçable. Mais quel est le sens de ce concept chez Kemp ? Ensuite, Kemp pense que la notion de l’irremplaçabilité est l’aboutissement d’une longue évolution, qui remonte à la la pensée grecque, mais aussi judéo-chrétienne. Se référant à De hominis dignitate de Jean Pic de la Mirandole, il reconnaît que l’homme surpasse tout dans le monde. Enfin, l’idée de dignité humaine, d’après Kemp, peut trouver un sens dans ce que Kant considère comme la souveraineté, mieux l’autonomie de la volonté qui, d’après lui, est le fondement de la dignité de la nature humaine et de toute nature raisonnable. C’est pourquoi, donner une assise éthique et métaphysique de la dignité humaine, telle sera l’ambition de notre modeste réflexion qui empruntera principalement ses éléments à « l’irremplaçable », ouvrage excellent, fort suggestif et décisif, qui interroge l’éthique contemporaine confrontée à l’extension mondiale de la science et de la technique. Une science et une technique qui cherche à réduire l’homme à une machine. C’est cette intention philosophique qui m’invite à prolonger, autant que faire se peut, la réflexion de Kemp, à partir des écueils déjà mentionnés.
Références bibliographiques :
P.KEMP, L’irremplaçable. Une éthique de la technologie, traduit de l’allemand par P. Rush, Cerf, Paris, 1997.
Jean Pic de la Mirandole, Œuvres philosophiques, coll. Epiméthée, PUF, Paris, 1993.
E.KANT, Fondements de la Métaphysique des mœurs, traduit par V. Delbos, Delagrave, Paris, 1985.
K.O. APEL, Ethique de la discussion, Cerf, coll. Humanités, Paris, 1994.
Section : 3 Sous-section : 3.2 titre : La réflexion dans les techniques, les technosciences et les sciences cognitives.