L'ART COMME LANGAGE ET VÉRITÉ
Mushitu Kandu Raphaël
Si donc un certain art est silencieux, ce silence ne me parait pas insurmontable et je voudrais montrer dans le contexte actuel que l'art est nécessairement et toujours déjà langage, ce qui signifie, qu'en fin de compte, il ne peut jamais être silencieux au sens où, par exemple, un rocher ou un beau paysage est silencieux. Je voudrais ensuite montrer que, comme tout langage, et idéalement, l'art tend à la vérité, mais à sa façon. Ceci vaut d'abord et clairement des arts du verbe (œuvre littéraire) : poésie, chant, contes, épopées, etc... qui constituent le langage comme art. Mais ceci vaut également de n'importe quel art considéré précisément comme langage. La vérité dont il sera question est la vérité visée par l'art et non la vérité des jugements esthétiques sur l'art ou sur le beau dont on a dit : « De gustibus et de colloribus non est disputandum ». Et puisque nous utilisons les termes " art ", " langage ", " vérité ", il sera de bonne méthode de les circonscrire dans le cadre du présent essai. Par " art " nous entendons ici un " faire ", un " produire ", un " créer " qui se situe dans un système de communication spécifique entre l'artiste et ses destinataires. L'œuvre d'art n'est donc pas un objet autonome, simplement là et autosuffisant. Elle est au contraire un phénomène ressortissant à un système communicatif particulier dans lequel elle remplit la fonction de transmettre un message voulu par son créateur. En dehors de ce système, il n'y a plus d'œuvre d'art mais seulement, par exemple, une toile coloriée, un morceau de bois ou de métal ayant une certaine configuration Le système en question est le suivant : " création esthétique ", " œuvre d'art ", " perception esthétique ", ou encore " le procès du faire esthétique ", " la structure ". Habermans dégage alors les universaux pragmatiques ou de l'acte de parole vue de la communication suivante : Pour que la communication soit une communication, il faut et il suffit qu'il y ait :
- Intersubjectivité et les mots correspondants (je, tu, nous) ; - Un objet au sujet duquel le locuteur auditeur communiquent ; - Prétention à atteindre la vérité ; - Prétention à observer des normes linguistiques (par exemple je promets, je m'engage à...). Dans ce contexte, la vérité est à comprendre ici comme l'une des quatre conditions de possibilité de toute communication, en particulier de la communication argumentative. L'art comme vérité, ceci est une conséquence du fait que l'art suppose toujours déjà un discours projet du créateur. Ce discours set un dialogue et donc une communication.
BIBLIOGRAPHIE
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