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Réflexion et vertu chez Pléthon


Georges Arabatzis,

Centre de recherches sur la philosophie grecque

de l’Académie d’Athènes,



Le Traité des vertus du philosophe byzantin Georges Gémiste Pléthon semble, selon nous, être rédigé après 1414, à l’époque où il faisait partie des intellectuels de la cour des Despotes de Mistra, avant de participer à l’ambassade grecque au Concile de Florence où il contribuera à la fondation de l’Académie platonicienne des Médicis. Dans ce traité, Pléthon dresse le tableau systématique et complet des premières vertus et des vertus dérivées de celles-ci, qui lui ont été transmises par la tradition. Est-ce pour cela que la morale de Pléthon serait arétaïque? Rien n’est moins sûr. Si pour les Anciens les vertus possédaient de la valeur propre indépendamment de tout autre jugement sur les actions, pour Pléthon les vertus s’organisent dans une ambition d’ordre totalisant. La valeur propre de chaque vertu recule devant la place qu’elle occupera au sein du système pléthonien des vertus et le caractère critériologique de toute vertu s’éclipse derrière l’articulation réflexive de l’ensemble des vertus. Il y a donc des règles qui régissent la vie morale et où les vertus ne représentent que des éléments constitutifs ; et cela, par opposition à l’aristotélisme byzantin ambiant. Dans cet effort, Pléthon apparaît comme le premier des Modernes.


RÉFÉRENCES : Georges Gémiste Pléthon, Traité des vertus, éd. critique avec introduction, traduction et commentaire par Brigitte Tambrun-Krasker, Athènes, Académie d’Athènes, E.J. Brill, Leiden-New York-Kobenhavn-Köln, 1987 ; G. Arabatzis, Le Traité des vertus de Pléthon et la morale stoïcienne. Recherches sur les sources et la date de l’œuvre, (en grec), Philosophia, 33, (2003), 218-232.


Section : 5 Sous-section: 5.1 Titre : La réflexion, des philosophes antiques à la Renaissance.