RÉFLEXION ET AUTRUI CHEZ JEAN NABERT
M.Hajime FUKUDA
La tache de la réflexion est, d’après Jean Nabert, à considérer l’esprit dans ses actes et dans ses ouvrages, pour s’en approprier la signification. L’appropriation de la signification des actes, c’est de se comprendre soi-même. L’aspiration à la compréhension de soi pour la conscience procède souvent d’une tentative de se dégager des sentiments de la déception, qui sont la matière de la réflexion, et celle-ci est, en tant que telle, non pas seulement un processus de la reprise de soi, mais aussi celui de la régénération de soi.
L’analyse réflexive, confondue avec le développement de la réflexion chez un individu singulier, remet en cause des sentiments qui accompagnent l’approfondissement de l’expérience de la solitude, quand l’analyse traite de la question de autrui. Au bout d’un dépouillement de ce dont elle est redevable à autrui, la réflexion retombe d’une part sur une subjectivité dénudée, une solitude absolue de l’exister, qui nous sépare les uns des autres, et d’autre part sur une certitude de l’affirmation originaire qui s’affirme en mode du « je suis », – mais la passe absolument et qui, en tant que telle, effaçant toute séparation entre des sujets, crée une communication absolue entre eux. La présupposition d’une expérience de l’un dans la pensée de Nabert, n’est-elle pas pourtant attribuée à une limite de la méthode réflexive elle-même adoptée par ce philosophe qui est fidèle, comme le remarque Lévinas, à la tradition où non-coïncidence n’est que la privation ?
Section:1 Sous-section : 1.3 Titre : phénoménologie et philosophie de l’existence