Le devenir humain selon la philosophie dialectique de l’histoire



Sabine KILOLO


Thème :Le devenir humain compris par la philosophie dialectique de l’histoire n’est pas un projet personnel. L’individu n’est en somme, que la figure que réalise en lui l’esprit universel (Hegel) où le monde de production économique qui le détermine (Marx).


Résumé :


La philosophie dialectique issue de Hegel est fondée sur un principe de base : la reconnaissance d’un mouvement d’opposition et d’inseparabilité des contraires ayant leur unité ou leur principe d’être dans un moment supérieur (idée/esprit chez Hegel et société sans classe chez Marx). Ce mouvement des contraires se développe progressivement jusqu’à atteindre la totalité. La totalité se pose comme terme du mouvement et devient principe d’intelligibilité de tout être particulier. C’est pourquoi Hegel affirme que « le vrai est le tout ». Le principe du mouvement historique s’articule sur une méthode qui se déploie en un schéma triadique : thèse , antithèse et synthèse où, grâce à une reprise et un dépassement des contraires, la totalité devient totalisation, c’est à dire un devenir à travers les oppositions. D’où, par Hegel, toute réalité particulière est abstraite, c'est-à-dire isolée par rapport à la totalité qui est la seule réalité concrète.


On peut donc percevoir dans cette affirmation une nette équivalence entre la méthode et la réalité visée : la dialectique est à la fois mouvement même du réel dans lequel toute la réalité partielle se pose en s’opposant.


Comment comprendre alors l’histoire ? Pour Hegel, la totalité égale esprit, absolu égal le réel. L’histoire n’est que la manifestation non achevée de l’esprit qui s’arrêtera avec la manifestation totale de l’esprit. Comme l’histoire continue son cours, c’est l’esprit qui ne s’est pas encore manifesté ; nous nous trouvons seulement devant des aliénations, c'est-à-dire des manifestations à travers lesquelles l’esprit apparaît étranger à lui-même. La fin de l’histoire correspondrait donc avec l’unité des contraires. Mais tant que l’histoire continue son cours, l’homme ne sera que la figure que réalise en lui l’esprit universel. Ce qui veut dire que son accomplissement ne dépend pas de lui, et sa liberté est conditionnée par l’existence de l’esprit absolu.


Critiquant Hegel d’avoir mystifié la dialectique, Marx veut restituer à l’homme son pouvoir de création, la liberté. Selon lui, la totalisation est manifestation de la vie matérielle dans l’histoire. La fin de l’histoire correspond avec la pleine manifestation de la vie matérielle. Il s’agit là de la fin de la lutte des classes au niveau de l’économie, englobant ainsi l’idéologie qui a l’apparence d’une activité spirituelle indépendante.