Pierre Bourdieu lecteur de V. Woolf dans la domination masculine.
Pierre Besses
Université Toulouse Mirail,
études anglo-saxonnes
Il faut analyser dans ses
contradictions l’expérience masculine de la domination
en s’adressant à la romancière de la
promenade au phare. Grâce à l’anamnèse
favorisée par le travail d’écriture du récit
polyphonique au sens bakthinien, celle-ci propose par le jeu de la
réflexivité octroyée à ses personnages
masculins et féminins une relation entre les sexes débarrassée
des clichés sur l’argent et le pouvoir que véhiculent
ses textes théoriques. On y découvre un regard féminin
étonnant de lucidité réflexive sur l’effort
désespéré dans son inconscience triomphante que
tout homme doit faire pour être à la hauteur de son idée
enfantine et pseudo héroïque de l’homme. Dans ce
roman woolfien la domination masculine trouve son meilleur soutien
dans la méconnaissance que favorise l’application au
dominant de catégories de pensée engendrées par
la relation de domination. Sans l‘instrument de défense
de la réflexivité féminine froide et lyrique
détachée et ardente, elle peut conduire à cette
forme limite de l’amor fati qui est l’amour du
dominant, libido dominantis. L’ouverture au risque
réflexif. Si dans ce roman woolfien la réflexivité
affirme son pouvoir de déconstruire par les deux regards du
narrateur et de son personnage féminin de la mère
sublimée en icône de la compréhension intuitive
d’autrui, ce rapport de domination, la femme réflexive
est moins libérée qu’elle ne le pense. Sa
réflexivité reste dirigée. Elle passe au crible
des images de soi dans le regard des amants et des enfants et
générées par des foyers identitaires des
intellectuels et des artistes des années 20. L’identité
contre réflexive. Dans ce roman wolfien la reflexité du
personnage masculin et féminin est nécessairement
limitée par un impératif contraire : À la
logique fusionnelle de la réflexivité généralisée
qui déconstruit par l’ironie les fausses certitudes de
l’homme perçu dans le regard des femmes, celles-ci
opposent la logique fusionnelle de la construction de soi. L’identité
féminine n’est pas simple perçu pour autrui. Le
processus identitaire reste sur les deux modes poétique et
satirique une expérience de fermeture et de fixation qui
s’oppose à la logique de mouvement de la réflexivité.
3 ème section anthropologie et réflexion sous section 3.4. la réflexion dans le domaine de l’art et des arts
Réflexivité. Identité. Subjectivité.