LA RÉFLEXION SUR SOI ET LA PERCEPTION DES APPARENCES CHEZ PLATON
Makoto SEKIMURA
Chez Platon, la mise en question de l’existence des Idées se base sur l’analyse du mode de perception des phénomènes sensibles. Tantôt la sensation entrave la recherche philosophique, tantôt elle est susceptible de jouer un rôle comme point de départ de l’intuition des êtres intelligibles. Le philosophe s’intéresse, de ce fait, à la formation de l’âme humaine entourée par les apparences. Comme l’illustre l’allégorie de la Caverne dans la République, les hommes sont enclins à prendre les phénomènes illusoires pour des choses réelles. Il faut, dans cette allégorie, noter le fait que les habitants dans la grotte regardent leurs propres ombres comme étant eux-mêmes. On y trouve ainsi le thème de l’ignorance de soi-même, thème intimement lié à la question de la perception des apparences. L’état de l’âme trompée par des simulacres s’accompagne d’un manque de réflexion sur soi. À cette conception illusoire s’oppose la théorie platonicienne des images dont la perception nous invite à avoir accès à leurs modèles authentiques. C’est en ce sens que l’on peut interpréter l’exemple des peintures ou des ombres dans les dialogues. Nous nous intéressons particulièrement à la théorie de la réminiscence du Phédon où il s’agit de l’intuition de l’égal en soi. La réminiscence de cette Idée résulte de la représentation mentale de l’image et du modèle, et se prête en outre, nous semble-t-il, à la prise de conscience de l’identité de soi. L’examen de cette théorie devrait nous permettre de mieux comprendre la fait que le thème de la réflexion par les images s’enracine profondément dans la recherche dialectique de Platon.
Section: 5, Histoire de la philosophie
Sous-section: 5.1, La réflexion, des philosophies antiques à la Renaissance