LE BONHEUR, QUEL INTÉRÊT ?
Le bonheur est
sans doute devenu aujourd'hui la chose du monde la plus
convoitée : s'il y a encore une certitude en nos temps
d'incertitudes, c'est bien que tous les hommes désirent
être heureux et doivent consacrer leur énergie à le
devenir. En témoignent le souci de chacun de donner
ainsi sens à sa propre vie, mais aussi l'industrie
culturelle de masse dont les produits (télévisuels,
cinématographiques, journalistiques et même littéraires)
prétendent y pourvoir.
Quel intérêt
peut-il y avoir, alors, à s'interroger sur l'intérêt que
présente le bonheur, puisqu'il semble bien constituer en
et par lui-même l'intérêt suprême de l'existence
humaine, ce qui fait qu'elle vaut la peine d'être
vécue ?
Mais plutôt que d'être
simplement redondante, voire ouvertement provocante,
notre question – Le bonheur, quel intérêt ? –
s'impose logiquement et donc philosophiquement. En
effet, est-il possible de chercher, et surtout de
trouver, un objet dont on ne se fait pas une idée
adéquate, comme cela semble être particulièrement
difficile dans le cas du bonheur ? Celui-ci réside-t-il
dans l'utilité (intérêt technique), dans le plaisir
(intérêt pragmatique) ou dans la vertu (intérêt
éthique) ? On voit qu'à l'intérêt théorique (pour la
pensée) de rechercher l'essence du bonheur, s'articule
l'intérêt pratique (pour l'action) de déterminer le
genre de vie qu'il faut choisir pour devenir
effectivement heureux. Mais ne faut-il pas, aussi et
surtout, se demander si le bonheur constitue réellement
le but suprême de l'existence humaine (le souverain
bien), notamment au constat actuel de
l'insatisfaction généralisée et même du ressentiment
exacerbé qu'engendre la quête effrénée du bonheur : n'y
aurait-il pas un malaise dans la civilisation du
bonheur ?
C'est à penser la
condition inquiète et paradoxale de l'humanité
contemporaine que nous invitent nos conférences de cette
année, en sollicitant la tradition philosophique antique
et moderne, qui accorde une place centrale à la question
du bonheur.
J. Gaubert, 17 novembre 2006 : Peut-on rechercher le bonheur?
J.Ricot, 8 décembre 2006 : Le bonheur est-il le but de l'existence ?
J.Salem,12 janvier 2007 : L'art d'être heureux par gros temps
R.Misrahi, 16 mars 2007 : Pourquoi, comment construire son bonheur ?
La conférence a été donnée par Maurice Barbot, spécialiste de Misrahi, indisponible )
L.Guirlinger, 4 mai 2007 : L'expérience du malheur.