J. Ricot, 8 décembre 2006 : « le bonheur est-il le but de l'existence ? »
S'il est assuré que nul ne peut orienter volontairement
sa vie vers le malheur, est-il si évident de prétendre
que le bonheur soit le but de l'existence ? D'autres objectifs comme
la liberté, la justice, la vérité s’offrent
à l'homme et peuvent paraître entrer en conflit avec la
quête du bonheur. Mais on peut simplifier la question en
décidant que toutes nos actions, quelles qu'elles soient,
prétendent atteindre le bonheur, sinon nous ne les poserions
pas. On conclurait alors paradoxalement avec Pascal que même
ceux qui vont se pendre visent à être heureux. Mais
n’est-ce pas dissoudre la notion ? C’est sans doute dans
une forme de sagesse du présent - qui ne refuserait
cependant pas le rapport au passé ni à l’avenir,
et qui ne dénierait pas l’expérience du malheur -
que le bonheur peut se proposer comme but de l’existence.